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Home AGGRA, un point de vue sur le monde Environnement : les enjeux du BRF Rôles de la matière organique dans le sol

Rôles de la matière organique dans le sol

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Le sol

Peut-être vous êtes vous déjà demandé ce qu’il y a sous vos pied, ce sur quoi vous compter pour faire pousser vos fleures, les légumes qui vous nourrirons, l’herbe que brouteront vos vaches.
A cette question trop peu posée, il existe déjà quelques réponses : Pour la ménagère c’est quelque chose de salissant, pour l’agronome c’est un moyen de production à gérer, pour l’indien c’est la mère de toutes choses (Pacha mama), pour l’alchimiste c’est le symbole de la nature profonde de l’homme (Terra incognita), pour le pédologue honnête c’est une inconnue.
Même si ma sympathie va en à l’indien, je suis avant tout préoccupé par le point de vue du pédologue.

Lorsque l'on étudie le sol, on se rend compte que beaucoup de questions demeurent sans réponses univoques : Qu’est ce que la fertilité ? ; Qu’est ce que l’humus et d’où provient-il exactement ? ; Entre 40 et 70% de l’activité photosynthétique sert à nourrir le sol, pourquoi ? ;…
Parmis ces questions nombreuses sont celles qui tournent autour de cette infinité de molécules différentes connues sous le nom de "matière organique".
 

Matière organique et agriculture

En agriculture conventionnelle , un apport organique est considéré comme une source de nutriments et accessoirement de molécules capable de former des agrégats stables  avec l'argile présent dans le sol.
Dans ce contexte, l'objectif est la minéralisation de la matière organique. La minéralisation est un processus au cours duquel les micro-organismes du sol libèrent l'essentiel du carbone organique dans l'atmosphère, sous forme de CO2 et les nutriments dans la solution du sol.
Ces nutriments sont alors disponibles pour les plantes tant qu'ils ne sont pas lessivés vers les nappes phréatiques et les rivières.
Le carbone qui n'est pas libéré dans l'atmosphère se retrouve au sein de polymères bactériens et de polyphénols formant en fin de compte des molécules d'humus qui participent à la structure physique du sol, ce qui a une incidence positive sur les rendements agricoles.

Du point de vue théorique on sait, depuis les travaux de Libieg, que les plantes peuvent se nourrir au moyen d'une solution d'éléments nutritifs comprenant essentiellement les éléments N (azote), P (phosphore), K (potassium). Il faudra donc veiller à fournir ces éléments (engrais chimique) et à maintenir une bonne structure physique du sol (compost et autres amendements) afin de permettre les échanges gazeux et la migration des substances dissoutes au travers du sol.
 

Rôles de la matière organique selon des recherches récentes

Les recherches récentes portant sur la rhyzosphère , les mycorizes , l'écologie du système hypogé , la thermodynamique appliquée aux systèmes vivants, le rôle pédogénétique du B.R.F., les rôles et comportements de plusieurs molécules dans le sol, nous amènent à reconsidérer les interactions plantes/sol selon un autre modèle :

La plante et les organismes du sol forment un écosystème qui s'auto régule : Lorsque la plante à besoin de nutriments , ses racines excrètent des sucres  qui vont alimenter les bactéries de la ryzosphère, ces bactéries  se reproduisent alors rapidement et s'attaquent à la matière organique disponible, ce faisant elles rendent les éléments nutritifs qui la composent disponibles pour les plantes.

D'autre part, certains champignons appelés mycorhyzes pénètrent les racines des plantes, ces champignons forment un lien direct entre la matière organique du sol et la plante, ils permettent à celle-ci d'absorber les éléments nutritifs des matières organiques mortes sans passer par les bactéries.

Des substances issues de l'activité des organismes du sol sont susceptibles de réguler la croissance ou la germination des plantes, d'autres substances bactériennes sont capables d'activer chez la plante un gène de résistance à une maladie (résistance systémique ).
Certains champignons sont des prédateurs de champignons parasites des plantes, d'autres champignons sécrètent des antibiotiques naturels qui régulent les populations de bactéries.

Dans le contexte écologique d'un sol naturel, il faut voir la plante comme un moyen de nourrir le sol et vice versa, il faut interpréter les maladies des plantes comme un moyen d'éliminer rapidement une plante pas ou plus adaptée afin de permettre l'implantation d'une plante productive du point de vue du sol.
Les apports en matière organique sont essentiels car sur cette ressource l'écosystème sol peut se construire et se consolider afin de résister aux perturbations (sécheresse, maladies, froid,…).
 

Rôles du B.R.F.

Dans ce cadre nous voyons l'apport de B.R.F. comme : Un moyen de fournir au sol des nutriments essentiels et des éléments traces selon des filières directes et indirectes ; Un moyen de fournir massivement des molécules et de favoriser le développement d'organismes capables d'améliorer la structure physique du sol ; Un moyen d'apporter sous une forme adéquate, l'énergie nécessaire à un ensemble structuré et structurant d'organismes afin qu'ils organisent les échanges dans le sol de façon économique et profitable pour les plantes mais pas pour les organismes pathogènes responsables des maladies qui affectent les cultures. La méthode canadienne se base sur la récupération, au profit de l'agriculture d'une série de mécanismes biologiques et biochimiques d'origine forestière. La forêt de feuillus étant un écosystème autosuffisant, favorable à la biodiversité et particulièrement efficace dans la gestion des nutriments et de l'énergie. Lemieux [1997] rappelle qu'une grande partie des sols agricoles actuels sont dérivés d’une forêt climacique . Il présente les B.R.F. comme un moyen de restaurer ces sols dans leur logique originelle, les B.R.F. étant avant tout un amendement humifère. Le système humique peut empêcher l’érosion, alimenter une biomasse symbiotique des plantes, stocker les nutriments et les libérer en fonction des besoins,...
 
  Ainsi le rôle pédogénétique du B.R.F.  peut aller jusqu’à la création d'un sol fertile au départ de cailloux (observé à la ferme de M. Carrier) : après 7 ans de traitement au B.R.F., on a obtenu une terre de culture de 40 cm de profondeur :  Afin d'en savoir plus, nous vous recomandons de consulter la page qui explique comment le B.R.F. est intégré au sol, grâce à l'activité des micro-organismes : 
 

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