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Le Bois Raméal Fragmenté (BRF) est un sous-produit agricole issu de la taille des haies, vergers et bandes boisées. Il représente une part importante des déchets verts. Le potentiel de valorisation de cette ressource en Wallonie est estimé à 1 000 000 m3/an. Selon une technique canadienne, le BRF peut être valorisé directement en agriculture, par épandage et incorporation directe, sans compostage. Au cours d’une période de plus de 2 ans, un suivi poussé tant des cultures que des caractéristiques chimiques, physiques et biologique du sol a été mené sur plusieurs dispositifs en champs et ce généralement en 3 à 12 répétitions. Ce suivi visait à adapter cette technique aux conditions pédo-climatiques wallonnes ainsi qu’à valider son intérêt agronomique et environnemental. D’autres itinéraires techniques ont également été testés : valorisation en litière d’élevage, mulching des jeunes arbres, biométhanisation. Au cours de la période, les principaux obstacles techniques ont pu êtres levés et l’intérêt tant agronomique qu’environnemental du BRF dans plusieurs contextes agricoles a pu être démontré. De multiples communications, menées dans le cadre du présent projet, ont suscité un intérêt national et international chez des agriculteurs, des associations et fédérations d’agriculteurs et des scientifiques. Un outil combiné fraise – ailettes de décompaction a montré de bons résultats pour l’incorporation du BRF et le traitement des traces d’épandage. Une loi décrivant l’immobilisation de l’azote du sol par le BRF a pu être établie : % immobilisation = 27% + 7.5%/100 m3.ha de BRF épandus. Cette immobilisation a également été évaluée à 1.2 kg d’azote en provenance d’autres sources par m3 de BRF épandu. Cette caractéristique peut être exploitée afin de mieux gérer l’azote en champs, sans préjudice pour la culture. En effet, les blocs traités ont montrés des APL compris entre 20 et 30 kg N/ha, malgré des apports initiaux importants. Le BRF est un amendement humifère : son coefficient iso-humique (K1) dans nos conditions a été estimé à 50%, de telle sorte que l’épandage d’un m3 de BRF occasionne la formation de 75 kg d’humus. Dans nos conditions, le sol a pu dégrader 143 m3 de BRF/ha annuellement. Cette transformation rapide, en humus, d’un matériau à priori récalcitrant est la conséquence de son action stimulatrice sur la vie du sol. Cette action s’est marquée sur toutes les populations de la flore durant les 6 premiers mois après l’épandage. Elle a persisté durant deux ans sur les populations de champignons. Ces dernières ont atteint jusqu’à 10 fois les populations du témoin. Des changements de l’aspect des sols traités ont été observés. Ils témoignent de l’action de la pédofaune. On a pu également mesurer, sur 2 dispositifs, la multiplication par 3 de la vitesse d’infiltration de l’eau dans le profil. Cela rend compte d’un accroissement de la macro-porosité des sols traités. Aucune inhibition de la germination ou impact phytosanitaire n’a été constaté. L’apport de BRF n’a pas modifié le pH. Par contre on a mesuré une amélioration sur les minéraux solubles suivants : P, K, Ca, Mg. Dans certains cas, des améliorations qualitatives ont été mesurées sur les cultures, ces améliorations se sont notamment marquées sur le taux et la qualité des protéines ainsi que sur la réduction des problèmes d’adventices en culture de légumineuse. L’apport de 200m3/ha de BRF a augmenté la capacité de rétention d’eau du sol de 5%/poids de sol sec, soit dans des proportions équivalentes à la quantité d’eau absorbée par le bois à saturation (350 l/m3 apparent de BRF). Les essais en litière d’élevage bovine ont montré que 40 kg de paille équivaut à 1 m3 de BRF. En outre, dans nos conditions, 1.5 m3 de BRF suffit à pailler 100 m2 d’étable/jour. Les autres essais ont montrés qu’un mulch de BRF pouvait diminuer significativement la mortalité sur les jeunes arbres repiqués. D’autre part, seulement 5 % du carbone du BRF est biométhanisable. Notons également que les concentrations en métaux lourds du BRF sont très faibles et en dessous des normes. Ces résultats débouchent sur plusieurs filières de valorisations intéressantes : utilisation en élevage (litière, passage des bêtes), épandage avant culture de légumineuses en bio, épandage avant les déchaumages en TCS, utilisation en mulch pour l’implantation de haies et vergers.
Noël B. 2005 - Plus de carbone pour nos sol – Le BRF, un outil pour une gestion durable de l’environnement. Collection " L’agriculture de demain", Centre des technologies agronomique - Strée, Belgique, 38 p. Description sympa et en image du BRF
NOEL, B., 2006 - Immobilisation de l’azote d’un sol agricole et incorporation de BRF - In Les actes du Séminaire : « Les Matières organiques en France, état de l’art et prospectives » organisé par le réseau Matières Organiques et le groupe français de l’IHSS, Carqueiranne, 22-24 janvier 2006.Actes complets du Séminaire
Noël, B., 2005 - Le BRF, un outil pour une nouvelle agriculture - paru dans "La Lettre – Bulletin de liaison des campagnes", n° 8, décembre 2005, édité par le Mouvement D’action paysanne, Belgique. Résumé : Selon une technique canadienne, on peutmélanger aux premiers centimètres du sol duBois Raméal Fragmenté (BRF). Il s’agit debranches d’arbres de faible diamètre, broyées enfins copeaux. Cette technique se base surl’humus et la vie du sol pour mieux gérer lesnutriments et protéger les terres contre l’érosion.En ouvrant la voie d’une politique durable defertilisation purement végétale, le BRF donne denouvelles perspectives aux agriculteurs wallons.
NOEL B., 2007 - Itinéraires techniques du bois raméal fragmenté - In : Dodelin B., Eynard-Machet R., Athanase P. et André J. (Coord.). Les rémanents en foresterie et agriculture - Les branches, matériau d'avenir - Tec & Doc Lavoisier. Résumé : Dans le cadre d’un projet de recherche soutenu par la Région Wallonne – Belgique, plusieurs itinérairestechniques mettant en œuvre le BRF dans le contexte des grandes cultures, ont été éprouvés.Plusieurs pistes se dégagent, citons la valorisation en litière d’élevage et l’utilisation sur les parcours extérieurs ;L’utilisation en mulch, notamment dans l’implantation de haies et de vergers ; Enfin, l’incorporation du BRFfrais aux premiers centimètres du sol ouvre des perspectives intéressantes. Cette dernière technique estgénéralement associée à l’acronyme « BRF ».En fonction du contexte agricole, il est judicieux d’associer l’une ou l’autre de ces techniques en les intégrantdans le circuit de l’exploitation et dans le calendrier des travaux.