| Description | Besson,Y., 2009, Une histoire d’exigences : philosophie et agrobiologie. L’actualité de la pensée des fondateurs de l’agriculture biologique pour son développement contemporain. In Innovations Agronomiques (2009) 4, 329-361 yvanbesson@free.frRésumé : Originellement l’agrobiologie est déterminée par une approche holistique, au sein de la problématique nature et technique. L’ordre des choses sert de modèle pour l’agronomie biologique comme pour penser l’agriculture dans la société. Tirer de ce qui est ce qui doit être socialement n’est pas conforme au fonctionnement éthique et juridique de la modernité. Mais cette conception du monde s’accorde avec la vision antique de la nature. Spécialement, la biologie est prise pour fondement de l’agriculture par A. Howard, R. Steiner, H.P. Rusch, M. Fukuoka. Cette biologie des fondateurs de l’agrobiologie se situeentre spéculations philosophiques, voire ésotériques, observations empiriques, et approches scientifiques. Ainsi, conformément à la dominante de la philosophie antique, ces auteurs proposent une interprétation cyclique de la nature à imiter. L’intervention humaine, pourtant fondatrice de l’agriculture, est alors difficile à légitimer, au sein d’une approche d’abord inquiète des conséquences écologiques et sociales de l’agrochimie. Aujourd’hui la fondation biologique de l’agrobiologie pourrait être recentrée sur l’évolution et l’écologie. Une approche plus dynamique de la nature ouvre à de nouvellesrationalisations de l’agronomie, comme à des visions philosophiques et sociales de l’agriculture plus évidemment humanistes. Néanmoins, l’éthique holiste de l’agrobiologie demeure un levier d’innovations pour son développement contemporain.Mots-clés : agrobiologie, holisme, nature, technique, philosophie antique, écologie, évolutionnisme. Abstract Organic farming originally deals with the problematic nature/technique within a holistic view. The order of things inspires organic agronomy and social thoughts on agriculture. The link between what is and what has to be socially is not thinkable within modern right and ethic, but it is in accordance with the ancient philosophy. A. Howard, R. Steiner, H.P. Rusch, M. Fukuoka, found their biology according to this fundamental way of behaving. The biology of those founders stands between various philosophical speculations, esoteric speculations, empirical observations, and scientific approaches. According to theancient philosophy, these authors are suggesting an imitation of nature based on a cyclicunderstanding. Human intrusion in nature, although founding element of farming, remains hard to legitimate. Indeed the founders are anxious about the agricultural chemistry’s consequences on ecology and society. Today the biological foundation of organic farming could cross again with evolutionism and ecology. A more dynamic conception of nature will open new ways for agronomic reasoning. This also opens up on a more humanistic philosophy of farming. Nevertheless, the holistic ethic of organic farming remains an innovating source for its contemporary development. Key-words: organic farming, holism, nature, technique, ancient philosophy, ecology, evolutionism. |